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Intervention sur la commémoration du génocide arménien – Séance plénière du 24 avril 2015

 

Monsieur DE LA TOCNAYE.- Le groupe Front national souhaite bien sûr s’associer pleinement et totalement à votre initiative de commémoration des souffrances et du génocide arménien. Effectivement, le hasard, ou peut-être le destin, a voulu que nous soyons le 24 avril. Il y a 100 ans jour pour jour, dans la nuit du samedi 24 avril 1915, une opération fortement planifiée visait à éliminer l’élite des Arméniens, puis s’en est suivi un véritable génocide programmé, orchestré, qui avait été mis au point dans les officines du mouvement « Jeunes Turcs », mouvement qui, malheureusement, était soutenu par une bonne partie de l’intelligentsia européenne. Je pense en particulier à certaines loges franc-maçonnes, dont le Grand Orient. Depuis, le Grand Orient a reconnu ses erreurs, il faut le préciser.

 (Le groupe Front de gauche quitte la séance.)

 Je voudrais dire sans esprit partisan que depuis longtemps, nous avons essayé de faire reconnaître le génocide arménien par le biais d’un certain nombre d’associations telles que l’AGRIF. Au début des années 80, lors de la première mandature des députés du groupe Front national au Parlement européen, un député, Bernard Antony, au nom du groupe FN, a demandé la reconnaissance du génocide arménien. À l’époque, la présidence du Parlement européen avait totalement refusé arguant du fait que le mot « génocide » ne pouvait être que réservé au génocide juif. Et puis, les mentalités ont évolué.

Hier soir, à la télévision, j’ai été fortement surpris et vraiment touché au fond du cœur de voir M. Serge KLARSFELD qui a osé dire, et peut-être a-t-il été trop loin, que si l’on avait reconnu le génocide arménien, il n’y aurait pas eu le génocide juif.

Peut-être est-il trop optimiste, mais en tout cas, c’est certain, ce génocide arménien a permis en quelque sorte d’autres génocides, dont celui bien sûr des Juifs. D’ailleurs, la grande écrivaine juive BAT YE’OR, rappelait qu’Hitler, devant ses SS, pour les rassurer par rapport à tout ce qu’ils allaient faire, leur disait : « Qui se souvient aujourd’hui du génocide arménien ? Il comptait sur l’oubli…

 Je voudrais dire aussi qu’il y a eu malheureusement d’autres grands génocides au 20ème  siècle qui n’ont peut-être pas été cités et il faut sans doute le faire : le génocide ukrainien en 1932-1933, 8 millions d’individus éliminés et génocidés par une dictature stalinienne et communiste ; le génocide cambodgien également. Toutes ces idéologies, à notre avis d’ailleurs, ont été fortement inspirées, par la Révolution française, ou une partie des idées révolutionnaires en tout cas telle que la Terreur de Robespierre. Le génocide vendéen est également un génocide. C’est peut-être le génocide « générique » par excellence de tous les génocides modernes qui ont eu lieu de la part des nazis, des communistes ou d’autres idéologies destructrices au cours du 20ème siècle.

 Ce qui est marquant aujourd’hui, c’est de voir que nous parlons du passé mais que nous devons parler également de l’avenir car nous évoquons tous ces génocides qui se sont déroulés lors du 20ème siècle et aujourd’hui, nous sommes au 21ème siècle, alors il nous faut parler de la Turquie. Je voudrais en parler en toute sérénité parce que la Turquie est un grand peuple et qu’il y a un génie turc. C’est évident. Mais comment la Turquie pourrait espérer avoir des relations apaisées avec l’Europe et avec les minorités chrétiennes d’Orient si elle continue son double jeu et si, en soutenant Daech, c’est-à-dire l’État islamique, elle va peut-être être à l’origine – mais je pèse mes mots parce que nous n’en sommes pas encore là – d’un nouveau génocide qui serait le génocide des minorités chrétiennes d’Orient. Il est capital qu’à la suite de la France – aujourd’hui ce n’est le cas que de 23 pays – l’immense majorité des pays de la planète reconnaissent le génocide arménien.

Monsieur ALLEMAND, Président.- Monsieur DE LA TOCNAYE, je suis désolé de vous interrompre mais il s’agit du génocide arménien. On ne va pas faire un cours de géopolitique ce matin sur tous les problèmes passés ou futurs. Je le dis très tranquillement, je n’ai pas du tout l’intention de hausser la voix parce que le moment ne le justifie absolument pas, mais les propos que vous venez de tenir sont à l’origine de la sortie d’un des groupes de la majorité. Je souhaiterais que vous arriviez à la conclusion de votre intervention et que cette intervention reste dans la tonalité de dignité qui a été celle de toutes les interventions jusqu’à maintenant.

Monsieur DE LA TOCNAYE.- Je vous remercie, je vais conclure. Je n’ai pas du tout votre analyse. Ce n’est pas parce qu’on est communiste que l’on ne peut pas reconnaître le génocide ukrainien. Je le dis en toute simplicité et je pense que mes propos ont été totalement dignes et respectueux de l’histoire. Je conclus tranquillement en me tournant vers l’avenir et en espérant du fond du cœur et avec toute notre intelligence que la Turquie va et doit reconnaître le génocide arménien pour que justement, elle retrouve sa juste place dans le concert des nations et qu’elle œuvre à la protection des minorités chrétiennes d’Orient, car il y a un lien bien évident entre le génocide arménien et les tentatives actuelles de génocider les minorités chrétiennes au Moyen Orient. Nous sommes donc pleinement dans l’actualité et voilà, pour terminer, comment l’avenir rejoint en quelque sorte la commémoration du passé. Merci beaucoup.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Front National.)

 

Editos 02 juin 2014 Mots-clés :, , , ,
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La Turquie souhaite intégrer l’Union européenne à l’horizon 2023, date symbolique marquant le centenaire de la création de la république kémaliste. Elle est déjà membre du Conseil de l’Europe, de l’OCDE, de la plupart des institutions européistes. Son gouvernement le répète sur tous les tons,  sa longue attente dans l’antichambre de l’UE est «impardonnable» et « humiliante ». Il rappelle que les premiers pourparlers en vue de son entrée dans « l’Europe » date de 1963, à l’initiative notamment du Général De Gaulle. Une candidature entamée officiellement depuis 2005 mais qui prend du temps. Sur les 35 chapitres des négociations, quatorze ont été ouverts mais un seul a jusqu’ici pu être bouclé, adhésion qui achoppe sur la question du « respect des droits de l’homme », des « libertés », l’occupation de Chypre. Mais comment interpréter le silence des gouvernements européens après les récentes révélations sur un autre aspect « problématique » de la politique suivie par Ankara ?

L’information a été peu relayée sous nos latitudes mais a fait les gros titres dans beaucoup de pays du Proche-Orient. Cumhuriyet, un quotidien turc d’opposition au régime du parti AKP, a publié en fin de semaine dernière dans son édition papier et sur son site Internet, des photos et une vidéo qui ont causé la fureur du gouvernement islamiste. Elles mettent à mal les dénégations du Premier ministre Erdogan et de son entourage, accusés de longue date de fournir une aide logistique aux miliciens djihadistes de l’Etat islamique (EI). A une semaine des élections législatives, Cumhuriyet a diffusé des images d’obus cachés sous des caisses de médicaments dans des camions utilisés (officiellement) par une organisation humanitaire, et qui ont été contrôlés entre novembre 2013 et janvier 2014 par la gendarmerie turque près de la frontière syrienne.

Le Régime d’Erdogan pris la main dans le sac…

Or, selon des documents officiels publiés sur la toile, lesdits véhicules appartenaient en fait aux services de renseignement turcs (MIT) et convoyaient des centaines de lance-grenades, 80 000 munitions pour des armes de petit et gros calibre, un millier d’obus de mortier. Le tout acheté à des pays de l’ancien bloc soviétique et acheminé dans une zone contrôlée par l’EI entre fin 2013 et début 2014. Le scandale est de taille, malgré la censure médiatique imposée par le gouvernement turc, y compris sur les réseaux sociaux. Une enquête a été diligentée par le pouvoir a été ouverte contre Cumhuriyet pour des faits de « terrorisme »( !) ; plusieurs dizaines de gendarmes, militaires et magistrats ont d’ores et déjà été placés en détention pour avoir ordonné les « fouilles illégales » de ces camions, « révélation des secrets d’État » et « atteinte à l’image du gouvernement »…

Recep Tayip Erdogan aide les djihadistes au nom de sa volonté de faire tomber le régime syrien. Pour autant, son pays est membre de l’Otan, alliance dont plusieurs membres participent actuellement dans le cadre d’une coalition aux côtés des Etats-Unis à des frappes contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Un double jeu qui permet de jauger de la duplicité des uns et des autres, des intérêts et des vues parfois antagonistes des  « alliés » et autres parties prenantes dans ce conflit. Nous avons vu ainsi la ville de Palmyre tomber aux mains de l’EI sans que les véhicules djihadistes fonçant sur cette ville à travers le désert aient été particulièrement visés par l’aviation de la coalition… alors que dans le même temps cette même aviation a été capable de puissamment contribuer à la reprise par des combattants chrétiens de 14 villages dans la province de Hassaké (nord-est de la Syrie) détenus par l’EI depuis le 23 février.

L’attitude trouble des Etats-Unis

Certains ont l’impression que Washington cherche plus à limiter la capacité de nuisance de l’EI qu’à l’éliminer, au nom notamment de l’objectif final consistant à renverser le gouvernement Bachar El-Assad. Or les minorités d’Orient, avec les Chrétiens au premier chef, sont menacées dans leur existence même par une victoire finale du fondamentalisme islamique. Ainsi donc l’objectif numéro est la destruction de l’EI. Quant au Régime de Bachar, héritier d’Assad, il faut aujourd’hui l’utiliser évidemment. C’est devenu un allié tactique même s’il est responsable sur le fond du pourrissement et de la radicalisation invraisemblables d’une bonne partie de la Communauté Sunnite Syrienne … Imagine-t-on la Communauté Sunnite Libanaise dans cet état ?…. bien sûr que non !… mais il est vrai que l’influence millénaire et bienfaisante de la Communauté Chrétienne Libanaise en est principalement à l’origine…

Dans ce contexte, il s’agit de ne pas oublier qu’au plus fort du débat sur l’adhésion de la Turquie dans l’UE il y a dix ans, le Premier ministre Erdogan dénonçait une Europe qui resterait « un club chrétien ». Il fut le premier à se féliciter du refus par la très large majorité  de la classe politicienne européiste – dont au premier rang Jacques Chirac – de réaffirmer « les racines chrétiennes de l’Europe ».

Un gouvernement turc qui livre des armes à des djihadistes qui égorgent décapitent, mutilent exécutent des Chrétiens et dont le Premier ministre demande dans le même temps aux millions de Turcs vivant en Europe de prendre la nationalité du pays d’accueil. Mais sans s’y assimiler, sans abdiquer leur identité, afin dit-il, d’y former une communauté avant tout attentive à la défense des intérêts de la Turquie…

Et nous finançons la Turquie !

Une Turquie que le contribuable français finance pourtant puisque ce pays a reçu depuis 2007 4,8 milliards d’euros de l’Union européenne (685 millions d’euros par an) « pour faciliter son adaptation aux critères européens ». Bref, les Français doivent savoir que « grâce » à la soumission de nos gouvernements successifs à l’Europe de Bruxelles, leurs impôts servent indirectement à armer les miliciens djihadistes et à chasser les Chrétiens de la terre de leurs ancêtres.

Thibaut de La Tocnaye

Conseiller régional PACA

Membre du Bureau politique du FN

Vice-président de Chrétienté Solidarité