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L'association "Nouveaux Martyrs" a organisé devant l'UNESCO (Paris 7e) Dimanche 14 Juin une manifestation de soutien aux Chrétiens d'Orient actuellement massacrés par l'Etat Islamique en Irak et en Syrie . Thibaut de La Tocnaye était présent.


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Découvrez un extrait de sa conférence, pour la voir en intégralité, cliquez ici.

Editos 02 juin 2014 Mots-clés :, , , ,
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La Turquie souhaite intégrer l’Union européenne à l’horizon 2023, date symbolique marquant le centenaire de la création de la république kémaliste. Elle est déjà membre du Conseil de l’Europe, de l’OCDE, de la plupart des institutions européistes. Son gouvernement le répète sur tous les tons,  sa longue attente dans l’antichambre de l’UE est «impardonnable» et « humiliante ». Il rappelle que les premiers pourparlers en vue de son entrée dans « l’Europe » date de 1963, à l’initiative notamment du Général De Gaulle. Une candidature entamée officiellement depuis 2005 mais qui prend du temps. Sur les 35 chapitres des négociations, quatorze ont été ouverts mais un seul a jusqu’ici pu être bouclé, adhésion qui achoppe sur la question du « respect des droits de l’homme », des « libertés », l’occupation de Chypre. Mais comment interpréter le silence des gouvernements européens après les récentes révélations sur un autre aspect « problématique » de la politique suivie par Ankara ?

L’information a été peu relayée sous nos latitudes mais a fait les gros titres dans beaucoup de pays du Proche-Orient. Cumhuriyet, un quotidien turc d’opposition au régime du parti AKP, a publié en fin de semaine dernière dans son édition papier et sur son site Internet, des photos et une vidéo qui ont causé la fureur du gouvernement islamiste. Elles mettent à mal les dénégations du Premier ministre Erdogan et de son entourage, accusés de longue date de fournir une aide logistique aux miliciens djihadistes de l’Etat islamique (EI). A une semaine des élections législatives, Cumhuriyet a diffusé des images d’obus cachés sous des caisses de médicaments dans des camions utilisés (officiellement) par une organisation humanitaire, et qui ont été contrôlés entre novembre 2013 et janvier 2014 par la gendarmerie turque près de la frontière syrienne.

Le Régime d’Erdogan pris la main dans le sac…

Or, selon des documents officiels publiés sur la toile, lesdits véhicules appartenaient en fait aux services de renseignement turcs (MIT) et convoyaient des centaines de lance-grenades, 80 000 munitions pour des armes de petit et gros calibre, un millier d’obus de mortier. Le tout acheté à des pays de l’ancien bloc soviétique et acheminé dans une zone contrôlée par l’EI entre fin 2013 et début 2014. Le scandale est de taille, malgré la censure médiatique imposée par le gouvernement turc, y compris sur les réseaux sociaux. Une enquête a été diligentée par le pouvoir a été ouverte contre Cumhuriyet pour des faits de « terrorisme »( !) ; plusieurs dizaines de gendarmes, militaires et magistrats ont d’ores et déjà été placés en détention pour avoir ordonné les « fouilles illégales » de ces camions, « révélation des secrets d’État » et « atteinte à l’image du gouvernement »…

Recep Tayip Erdogan aide les djihadistes au nom de sa volonté de faire tomber le régime syrien. Pour autant, son pays est membre de l’Otan, alliance dont plusieurs membres participent actuellement dans le cadre d’une coalition aux côtés des Etats-Unis à des frappes contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Un double jeu qui permet de jauger de la duplicité des uns et des autres, des intérêts et des vues parfois antagonistes des  « alliés » et autres parties prenantes dans ce conflit. Nous avons vu ainsi la ville de Palmyre tomber aux mains de l’EI sans que les véhicules djihadistes fonçant sur cette ville à travers le désert aient été particulièrement visés par l’aviation de la coalition… alors que dans le même temps cette même aviation a été capable de puissamment contribuer à la reprise par des combattants chrétiens de 14 villages dans la province de Hassaké (nord-est de la Syrie) détenus par l’EI depuis le 23 février.

L’attitude trouble des Etats-Unis

Certains ont l’impression que Washington cherche plus à limiter la capacité de nuisance de l’EI qu’à l’éliminer, au nom notamment de l’objectif final consistant à renverser le gouvernement Bachar El-Assad. Or les minorités d’Orient, avec les Chrétiens au premier chef, sont menacées dans leur existence même par une victoire finale du fondamentalisme islamique. Ainsi donc l’objectif numéro est la destruction de l’EI. Quant au Régime de Bachar, héritier d’Assad, il faut aujourd’hui l’utiliser évidemment. C’est devenu un allié tactique même s’il est responsable sur le fond du pourrissement et de la radicalisation invraisemblables d’une bonne partie de la Communauté Sunnite Syrienne … Imagine-t-on la Communauté Sunnite Libanaise dans cet état ?…. bien sûr que non !… mais il est vrai que l’influence millénaire et bienfaisante de la Communauté Chrétienne Libanaise en est principalement à l’origine…

Dans ce contexte, il s’agit de ne pas oublier qu’au plus fort du débat sur l’adhésion de la Turquie dans l’UE il y a dix ans, le Premier ministre Erdogan dénonçait une Europe qui resterait « un club chrétien ». Il fut le premier à se féliciter du refus par la très large majorité  de la classe politicienne européiste – dont au premier rang Jacques Chirac – de réaffirmer « les racines chrétiennes de l’Europe ».

Un gouvernement turc qui livre des armes à des djihadistes qui égorgent décapitent, mutilent exécutent des Chrétiens et dont le Premier ministre demande dans le même temps aux millions de Turcs vivant en Europe de prendre la nationalité du pays d’accueil. Mais sans s’y assimiler, sans abdiquer leur identité, afin dit-il, d’y former une communauté avant tout attentive à la défense des intérêts de la Turquie…

Et nous finançons la Turquie !

Une Turquie que le contribuable français finance pourtant puisque ce pays a reçu depuis 2007 4,8 milliards d’euros de l’Union européenne (685 millions d’euros par an) « pour faciliter son adaptation aux critères européens ». Bref, les Français doivent savoir que « grâce » à la soumission de nos gouvernements successifs à l’Europe de Bruxelles, leurs impôts servent indirectement à armer les miliciens djihadistes et à chasser les Chrétiens de la terre de leurs ancêtres.

Thibaut de La Tocnaye

Conseiller régional PACA

Membre du Bureau politique du FN

Vice-président de Chrétienté Solidarité