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Le groupe français DCNS vient de remporter face à l’allemand Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS) le « le contrat du siècle », à savoir la vente de douze sous-marins, pour un montant global de 34 milliards d’euros, à la marine australienne. C’est une excellente nouvelle pour la France ! Et cela montre qu’il n’y a justement pas de « sens de l’histoire » en matière de désindustrialisation… Tout est une question de vision et de volonté ! Si on a des produits et des savoir-faire à haute valeur ajoutée, il faut les défendre et en prendre les moyens, c’est tout ! Et l’industrie de défense en fait partie… comme notre aéronautique, notre industrie ferroviaire, nos constructeurs automobiles et nos chantiers navals !

Les sidérurgistes outre-Rhin, les employés de ThyssenKrupp font grise mine. Ils étaient des dizaines de milliers à manifester le 12 avril en Allemagne, à l’appel du syndicat IG Metall, pour clamer leur inquiétude sur la pérennité de leurs emplois. Il ne reste plus, dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, que 330 000 emplois directs dans le secteur sidérurgique dont la destruction a débuté il y a quarante ans. Alors, quel avenir pour l’acier européen ? En 1976, la sidérurgie employait encore 150 000 salariés en France, plus de 200 000 au Royaume-Uni. Après l’annonce par le colosse indien de la sidérurgie Tata Steel de son désengagement du Royaume-Uni (15 000 salariés menacés outre-manche), de la vente de ses activités acier long en Europe, et la réunion sur la question du secteur sidérurgique à Bruxelles le 18 avril, la question est sur toutes les lèvres. La réponse à cette interrogation passe désormais par Pékin et dépend de la capacité de l’Europe bruxelloise sans-frontièriste, ultra libre-échangiste, à résister au rouleau compresseur chinois. L’empire du milieu a atteint l’année dernière le seuil des 50 % de la production mondiale d’acier (d’une qualité parfois médiocre) que les Chinois n’hésitent pas à brader à des prix inférieurs au coût de revient, leur production étant devenue excédentaire par rapport au besoin de leur marché intérieur.

Le Front National le constate et le dénonce de longue date : le secteur industriel français dans son ensemble subit depuis quarante ans une hémorragie. Pour les seules quinze dernières années celui-ci a perdu plus d’un million de postes. Il est de bon ton dans les allées du pouvoir et dans les partis dits « de gouvernement » d’expliquer, comme le fait le ministère des finances à Bercy, que le libre-échangisme, les délocalisations ne comptent que pour très peu dans ce phénomène, qui s’expliquerait principalement par les gains de productivité. Bref, la désindustrialisation serait une évolution « normale » que l’on constaterait dans tous les pays développés (en France la part de l’industrie dans le PIB est passée de 35% en 1970 à moins de 20% actuellement), bien qu’on observe ces dernières années un ré-industrialisation aux États-Unis !…

A bien y regarder, cette désindustrialisation massive, enclenchée au milieu des années 1970, est la conséquence directe de l’arrêt des politiques visant à stimuler l’industrie, de la fin d’un État-stratège qui inscrivait son action dans le temps long. Une défense des intérêts nationaux dans la durée de plus en plus remplacée par une gestion politicienne à courte vue. Il aurait été pourtant indispensable de soutenir plus avant l’innovation, de spécialiser l’industrie vers des produits de qualité, haut de gamme, plus difficilement attaquables par les pays à bas coût, tout en aidant au développement de la prochaine révolution industrielle, dans les domaines de la biotechnologie et de la nanotechnologie notamment.

Souvenons-nous que c’est sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing que le Commissariat général du plan arrêta son soutien à l’industrie électronique – une erreur colossale confessée par Giscard dernièrement -, qui n’a pas permis à la France de prendre, à la hauteur des compétences qui sont les nôtres, la vague technologique et numérique qui fait aujourd’hui la fortune des mastodontes américains du secteur.

Un Etat stratège français qui relève aujourd’hui du passé, puisque nos gouvernants prennent leurs ordres et leur feuille de route à Bruxelles, capitale de l’impuissance, du laisser-faire, laisser-passer. Exemple emblématique, dans le dossier de l’acier chinois cité plus haut, même l’Allemand Sigmar Gabriel, ministre fédéral de l’Economie, s’est emporté contre la Commission européenne, incapable de mettre fin à la concurrence déloyale de Pékin. « Quand les Américains ont réagi en trois mois, l’Europe ne parvient pas à s’entendre en un an » a relevé M. Gabriel. Les droits de douane sont de l’ordre de 25 % en Europe, ils sont de plus de 250 % aux Etats-Unis, pays-phare du libéralisme…

Ne nous y trompons pas, la nécessaire ré-industrialisation de la France, qui est aussi un gage de sa prospérité, de son indépendance, donc de sa liberté et de sa puissance, passe aussi par le rétablissement d’un protectionnisme intelligent, de droits de douane cohérents. La France n’est pas une république bananière. Avec Marine Le Pen à l’Élysée, nous entendons amender, réajuster, voire rejeter tout ou partie des accords de dupes signés tels que le GATT par la nomenklatura bruxelloise avec l’OMC et revenir immédiatement sur l’abandon de la préférence communautaire...

Communiqué de presse

sous-marin

Communiqué  

Le groupe français DCNS vient de remporter face à l’allemand Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS) un contrat « historique », à savoir la vente de douze sousmarins, pour un montant global de 34 milliards d’euros, à la marine australienne. C’est une excellente nouvelle pour la France ! Et cela montre qu’il n’y a justement pas de « sens de l’histoire » en matière de désindustrialisation… Tout est une question de vision et de volonté ! Si on a des produits et des savoir-faire à haute valeur ajoutée, il faut les défendre et en prendre les moyens, c’est tout ! Et l’industrie de défense en fait partie… comme notre aéronautique, notre industrie ferroviaire, notre construction automobile et nos chantiers navals !

Or, tous ces secteurs sont encore tirés par des grands ensembliers mais attention !… ce sont toutes leurs chaînes de sous-traitance qui sont en pleine décomposition. Les « métiers » (opto-électronique, plasturgie, matériaux composites, aciers spéciaux,…) indispensables à l’assemblage de tous ces équipements manufacturés disparaissent un à un du sol français. Et rappelons-nous par exemple, à la fin des années 70, le Commissariat général du plan arrêta son soutien à l’industrie électronique : erreur colossale qui n’a pas permis à la France de s’engouffrer, à la hauteur des compétences qui sont les nôtres, dans la vague high-tech du numérique qui fait aujourd’hui la fortune des mastodontes américains ou asiatiques du secteur. Alors oui, plus que jamais l’Etat-stratège s’appuyant sur des Branches professionnelles rénovées doit définir, défendre et promouvoir la ré-industrialisation de la France, intégration verticale comprise

Thibaut de La Tocnaye, dirigeant-fondateur d’entreprises industrielles, membre du bureau politique du FN, conseiller régional PACA


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