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Chrétiens d’Orient : que fait la France ?

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Posté par: Catégorie : Editos 15 avr 2014 Commentaires: 0 Mots-clés :, , , , , , , ,

Ce dimanche 12 avril marque selon le calendrier julien, la célébration de Pâques pour les orthodoxes, fête de la Résurrection qui prend un écho tout particulier en cette période de persécutions, pour les Chrétiens du Moyen-Orient. Télescopage des dates, le Pape François célébrait le même jour une messe à la mémoire des Arméniens massacrés entre 1915 et 1917 par les Ottomans. Occasion offerte au Saint-Père de rappeler que « Malheureusement, encore aujourd’hui, nous entendons le cri étouffé et négligé de beaucoup de nos frères et sœurs sans défense, qui, à cause de leur foi au Christ ou de leur appartenance ethnique, sont publiquement et atrocement tués – décapités, crucifiés, brulés vifs –, ou bien contraints d’abandonner leur terre » au Moyen-Orient, en Afrique en Asie…

Le Pape est bien évidemment dans son rôle en rappelant, comme il l’avait fait le 6 avril lors des célébrations pascales, la large indifférence de l’Occident devant « les massacres dont sont victimes les chrétiens partout dans le monde ».

Il serait tout aussi légitime que les Etats séculiers d’Europe, à commencer par celui de la France, s’opposent résolument à ce cancer islamiste qui développe ses métastases dans nos villes, dans nos banlieues et même parfois dans nos villages les plus reculés.

Ce que demandent les Chrétiens d’Orient en priorité ce ne sont pas des visas. La France en a accordé 1500 depuis la fin juillet…chiffre équivalent à celui des Français partis en Syrie faire le djihad, a affirmé ce lundi dans Le Figaro la commissaire européenne à la Justice, la Tchèque Vera Jourova.

Ce que veulent les Chrétiens d’Orient, au Liban comme en Irak, en Egypte comme en Syrie, c’est le droit de vivre, librement et dignement, sur le sol de leurs ancêtres, dans des pays qu’ils occupaient bien avant l arrivée des premiers conquérants musulmans. A cette aune, comment de ne pas voir la responsabilité directe qui est celle des occidentaux qui par lâcheté, aveuglement, reniement, renoncent à réellement défendre des communautés avec lesquelles nous partageons les mêmes racines civilisationnelles. Encore faudrait-il certes, que cet héritage commun ne soit pas, sous nos latitudes, considéré comme un fardeau obsolète, l’objet d’un embarras, voire d’une sourde hostilité…

Mesure-t-on vraiment dans les chancelleries occidentales ce que représenterait l’éradication des peuples chrétiens dans cette partie du monde, lieu d’éclosion du christianisme? Depuis la désastreuse invasion de l’Irak en 2003, 90 % des Chrétiens Irakiens ont été contraints à l’exil, auxquels il faut ajouter 300 000 Chrétiens Syriens depuis 2011.

Cette volonté de faire table rase de la présence chrétienne s’illustre aussi par la destruction systématique des édifices religieux. En Syrie justement,  il y a quelques jours, c’est la cathédrale maronite Saint-Élie, dans le quartier chrétien d’Alep, qui a été prise délibérément pour cible par les bombes de rebelles dits « modérés ». Quelques semaines auparavant, l’offensive menée par l’État Islamique (EI) contre 35 villages chrétiens assyriens de la Vallée de la Khabour s’est soldée par la destruction d’au mois cinq églises. Fin mars, le Père Ibrahim Farah, curé grec-orthodoxe de la paroisse de la Vierge Marie d’Idleb (province du nord-ouest) a été kidnappé, en compagnie de fidèles – d’autres ont été assassinés -, par les miliciens d’une autre organisation islamiste, le Front al-Nosra – branche syrienne d’Al-Qaïda. C’est pourtant Laurent Fabius qui n’hésitait pas à déclarer à Marrakech en décembre 2012 : « le Front al-Nosra fait du bon boulot contre Assad en Syrie et donc c’est très difficile de les désavouer »…

Les atermoiements diplomatiques, le double-jeu mené sous Sarkozy puis sous Hollande, la soumission aux intérêts anglo-saxons, les compromissions avec des pays finançant; encourageant le terrorisme islamiste sont indignes de la France ; et ce n’est pas l’envoi de quelques avions de chasse pour combattre l’EI qui suffit à donner le change. Une France qui entretenait des liens multiséculaires, particuliers avec les chrétiens d’Orient, politique traditionnelle de protection qui fut même poursuivie sous la très laïque, voire laïciste, Troisième République. Une France qui renonce aujourd’hui à faire entendre ce qui était sa voix singulière dans le concert des nations depuis Saint Louis jusqu’à Clémenceau en passant par Napoléon III.

Alors il est temps de renouer avec une diplomatie active et responsable au Moyen-Orient dont le principe de réciprocité doit redevenir le fondement, à savoir : tolérance, en France et en Europe, vis-à-vis d’une immigration – majoritairement musulmane – maîtrisée et respectant les lois et les us et coutumes de nos pays respectifs avec pour contrepartie le respect et la protection des minorités chrétiennes au Moyen-Orient par les puissances régionales, en particulier la Turquie mais aussi l’Irak, la Syrie et l’Iran.

 

Thibaut de La Tocnaye

Conseiller Régional PACA

Conseiller municipal de Cavaillon

Membre du Bureau politique du FN

 

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